Oratorium sur La Devise

La Ville de Malakoff

Le 28 mars 2019, Polymnia expérimentait un concept nouveau, puisque cette fois-ci notre oratorium était couplé avec une pièce de théâtre : La Devise de François Begaudeau. Nous avons reçu deux classes de 3ème de Malakoff (collèges Henri Wallon et Paul Bert) à l’espace Angela-Davis, non loin de la mairie.

Quelques semaines auparavant, nous nous étions rendus dans leur classe afin de les sensibiliser à notre intervention et leur expliquer ce que nous attendions d’eux. Nous avions alors proposé à deux volontaires de chaque classe de préparer une plaidoirie à l’avance, l’un étant à la positive et l’autre à la négative. Le premier collège a donc réfléchi au rétablissement de l’uniforme à l’école, tandis que le second s’est demandé si on pouvait être libres sans être égaux. Ceci leur a permis d’appréhender un premier style d’exercice ; le discours préparé en autonomie, dans un temps long.

Puis est arrivé le jour de l’oratorium. La séance s’est déroulée en deux temps : tout d’abord, les collégiens ont pu assister à une représentation de la pièce par la troupe Prospero Miranda. Puis, l’équipe de Polymnia est entrée en scène en proposant aux élèves de réfléchir à ce qu’ils venaient de voir et en leur expliquant nos objectifs : les faire débattre et leur faire prendre la parole devant leurs camarades (ce qui n’est pas chose aisée). Nous leur avons également exposé la seule véritable règle lors de ces exercices : respecter les autres et faire preuve de bienveillance envers ceux qui prennent la parole. Nous sommes particulièrement attentifs à cette règle avec les collégiens.

Nous avons ensuite mis en place la préparation du premier exercice, qui consistait en une simulation de débat parlementaire sur le thème : Faut-il remplacer le mot fraternité par le mot dignité dans notre devise nationale ?

Nous avons donc sélectionné 8 élèves réparti en deux équipes (gouvernement et opposition), que nous avons accompagnés en dehors de la salle pour leur permettre de préparer leur texte dans le calme. Il s’agit ici d’un 2e type d’exercice : le discours préparé en équipe et dans un temps assez court (entre 30min et 1h). Deux de nos formateurs (un par équipe) sont restés avec eux durant toute cette phase afin de les coacher. Nous avions préparé des arguments pour chaque équipe, afin de les aider s’ils manquaient d’inspiration.

Pendant ce temps, nous avons animé le reste de la salle en leur proposant deux exercices que nous avions préparés, toujours dans le thème de la pièce qu’ils venaient de voir.  Il s’agissait alors d‘un 3e type d’éloquence : le discours quasi-improvisé (pas plus de quelques minutes de préparation).

Tout d’abord, nous avons organisé l’exercice du « Moi Président », où chacun devait proposer une nouvelle devise pour la France afin de se faire élire, lors d’une simulation de débat présidentiel. Les élèves ont ici su faire preuve d’imagination et d’audace.

Ensuite, ils ont dû défendre des devises étrangères, certaines plutôt classiques : Unis dans la diversité (UE et Afrique du Sud), Un pour tous, tous pour un (Suisse) ; d’autres plus originales : Je fleuris à l’ombre (Bélize), Que tombent les pluies (Botswana). Cela leur a permis de se rendre compte de la diversité des devises à travers le monde et (peut-être) d’en retenir quelques-unes.

Enfin, les 8 élèves partis pour la préparation ont rejoint la salle. Ils ont donc livré leur discours devant leurs camarades : un premier « membre du gouvernement » en faveur du changement de devise, puis un député contre, puis de nouveau un membre du gouvernement, et ainsi de suite. Nous avons ensuite demandé au public de voter pour ou contre ce projet. Ils ont ainsi décidé de garder notre devise nationale telle qu’elle est.

Enfin, les élèves qui avaient préparés chez eux leur plaidoirie sur l’uniforme et la liberté sans l’égalité se sont également exprimés devant leurs camarades.

Nous avons ensuite échangé avec toute la salle, afin d’avoir leur ressenti sur la séance. La quasi-totalité n’avait jamais participé à un atelier de débat et d’éloquence et leurs impressions étaient plutôt positives, certains préférant même faire de l’éloquence plutôt que du théâtre.

Pour conclure, nous avons donné quelques conseils aux élèves afin de s’améliorer et nous les avons surtout félicités pour leur courage et leur investissement. L'apport pour eux est double : en plus de nos conseils, ils bénéficient de l’expérience et de la confiance en eux qu’ils peuvent acquérir lors de leur passage en public.

Les professeurs présents étaient également satisfaits, et nous ont informés quelque temps après que les élèves avaient entamé une véritable réflexion à l’issue de cet atelier, et qu’ils étaient enthousiastes à l’idée d’en refaire. Cela les aiderait notamment pour les différentes épreuves orales qu’ils peuvent rencontrer lors de leur scolarité. Ils nous ont également dit que quelques liens s’étaient crées entre les deux collèges (nous avons essayé au maximum de « mixer » les collèges dans les équipes, et vivre ce défi ensemble a semble-t-il été fédérateur).