Grand Palais

Procès de l'évolution de la condition de la Femme

Les 11 et 17 janvier 2020, Polymnia faisait son retour dans le prestigieux Auditorium du Grand Palais à l’occasion de l’exposition « Toulouse-Lautrec, Résolument moderne ». Dans le cadre de cette exposition, le Grand Palais s’est associé à notre équipe afin de créer un débat contradictoire sur l’évolution de la condition de la femme. 


Ce débat est un débat non seulement actuel, mais également plein d’enjeux cruciaux. C’est pourquoi, l’élaboration de tout un débat contradictoire sur ce sujet était un réel challenge pour Polymnia. Un challenge rendu possible grâce à la confiance du secteur de la médiation culturelle du Grand Palais. 


C’est un challenge car les fondements de l’évolution de la femme dans la société sont multiples et surtout, ils sont tous intrinsèquement liés. Le but était donc de ne pas cliver les relations entre nos deux sexes ce qui nous as amener a une problématique complexe : quels thèse explique le mieux l’évolution de la femme ?
Il était nécessaire, afin de rester dans le débat contradictoire, que les thèses soient équilibrées et puissent se répondre.

L’idée de religion fut évoquée en premier, de par son ancienneté. La religion sous toutes ses formes est un facteur ancien de régulation de la vie des hommes. Si son influence directe peut sembler diminuée de nos jours, c’est parce que sa forme a changé pour devenir des éléments de « culture ». Et cette culture laisse des traces encore ancrées dans notre quotidien et notre façon d’aborder le monde et les individus qui nous entourent. 


Mais impossible d’évoquer l’évolution de la condition de la femme sans parler de l’impact du travail sur celle-ci. L’accès au travail, la possibilité d’avoir un compte en banque à son nom et de pouvoir en disposer selon son bon vouloir sans dépendre de l’autorité d’un père ou d’un mari… tout autant de moyens pour l'émanciper. Dans une société où le travail n’est plus soumis à une obligation de force physique herculéenne, grâce aux avancées techniques, les femmes s’imposent de plus en plus dans l’économie mondiale. 


Dans un objectif d’exhaustivité, le thème de la famille s’est imposé à nous. Qui mieux que la famille conditionne et forme les êtres humains ? Tous les sociologues s’accordent sur ce point, la famille c’est le premier lien que développe l’individu avec l’autre. Si toutes les relations sociales que nous entretenons sont basées sur notre développement familial, la famille serait-elle l’explication originelle de l’évolution de la condition de la femme ? 


Enfin, nous sommes remontés au plus loin dans tous les non-dits de la société. La sexualité, ce tabou qui concerne tout le monde était, selon nous, un facteur déterminant dans l’évolution de la condition de la femme. Ce thème est très inspiré des nombreux paradoxes qui règnent en la matière : les nombreuses affaires d’agression sexuelle, le manque d’explication du corps des femmes et pourtant son exhibition constante dans les médias et les inégalités homme/femme sur la vision de leur sexualité. 


Suite à la présentation au public de ces quatre thèses, plus conséquentes les unes que les autres, ces derniers ont été invités à voter sur la thèse qui, selon eux, avait eu le plus d’impact sur l’évolution (dans le sens positif et négatif) de la condition de la femme. 


En seconde partie de ce débat contradictoire, un nouveau couple d’oratrice a pris la parole pour poser une nouvelle interrogation, plus centrée dans l’actualité : dans un objectif commun d’égalité entre les hommes et les femmes, la femme doit-elle être un homme comme les autres ? 


Ici, deux points de vue s’affrontent. Le premier point de vue est celui de l’identité entre l’homme et la femme. Une identité de traitement qui découlerai nécessairement d’une égalité dans les comportement sociaux. Il s’agit alors de normaliser les comportements tabou chez les femmes. Dans cet objectif d’égalité, la thèse de l’identité entre l’homme et la femme se positionne pour une uniformisation des revendications des mouvements féministes afin de leur donner plus de portée. 


A l’opposé, s’élève la thèse de la complémentarité. La thèse de l’égalité par la complémentarité des êtres vient défendre une vision nouvelle des différences entre les hommes et les femmes. Nous ne sommes pas les copies conformes de nos voisins ; un homme et une femme ne sont pas identiques et dire le contraire serait contre-productif dans un objectif d’égalité. Il faudrait alors pencher vers une célébration des différences, et non une hiérarchisation. 

Une nouvelle fois, nous en avons appelé au public du Grand Palais, afin qu’ils décident si, selon eux, la femme est un homme comme les autres. 
S’en est suivi un débat direct entre les orateurs de Polymnia et le public. Notre but est, plus que délivrer au public un flot d’arguments, exalter chez eux la ferveur du débat. 

Et vous qu'auriez-vous voté ?