Château de Versailles

Procès de l'image de Marie-Antoinette

L’auditorium du Château de Versailles était rempli pour nous accueillir et nous écouter débattre autour de l’image de la dernière Reine de France. Il n’était pas question de refaire le procès de Marie-Antoinette, de revenir sur les preuves utilisées, les accusations dont elle fit l’objet ou la dimension punitive de son exécution. Au sein de notre société contemporaine, Marie-Antoinette n’est plus la Reine de France, elle est l’idole, l’égérie de la mode et du luxe, la star du superflu et une nouvelle figure du bling-bling. Mais pourquoi l’image de Marie-Antoinette s’est-elle tant dissociée de la réalité ?

 

Chaque régime politique incarne des valeurs. Sous la République naissante, l’image de la Reine, dégradée, servait à terminer le travail révolutionnaire en éliminant les derniers sursauts monarchistes. A l’inverse, sous la Restauration, le blason de Marie-Antoinette avait été redoré afin de légitimer le retour sur le trône des Bourbon. Aujourd’hui, la Reine fait l’objet d’une culture du luxe et de la mode, conférant à Versailles et à la France un prestige international.

Quel que soit le régime, l’image de la Reine est l’histoire d’une dépossession. Elle appartenait à la raison d’État et seuls les historiens ont véhiculé d’elle une image fidèle à la personne qu’elle fut.

La question intestine à ce débat sur l’image de la Reine est celle de l’Histoire et de la mémoire. La mémoire doit-elle être fidèle à l’Histoire ou doit-elle elle s’en affranchir pour unir la société autour de personnages et valeurs représentatifs de la fierté nationale ?

 

Pour simplifier le propos, nous avons donc posé la question suivante au public averti de l’auditorium : doit-on être favorable à l’instrumentalisation de l’image de Marie-Antoinette ?

A la majorité des deux tiers (68% contre 32%), la salle s’est prononcée en faveur de l’Histoire : l’image de la Reine ne doit pas être instrumentalisée, que ce soit pour des raisons politiques, économiques ou philosophiques.

 

Nous remercions le Service de programmation culturelle du Château de Versailles ainsi que toutes les équipes techniques qui ont concouru à la réalisation de ce Procès. Nous remercions également le public qui nous a offert un très beau débat final et nous a témoigné de son enthousiasme à l’endroit de nos différents argumentaires et de leur forme.